Chers amis et camarades

C’est une énorme fierté d’être ici aujourd’hui pour commémorer le cent-vingtième anniversaire de la loi de la séparation de l’Église et de l’État, en France, loi qui, il y a cinquante ans, a été un phare d’une énorme importance, pour aider à inscrire ce même principe dans la Constitution portugaise de 1975, avec la liberté de conscience.

Cela après une dictature qui a duré plus de 48 ans et sur laquelle l’Église Catholique a joué un rôle majeur. Dictature qui venait de s’effondrer par un coup de militaires et dont les jeunes, les travailleurs, saisissant l’occasion, se mobilisant dans la rue démantelaient les vieilles institutions de l’ancien régime.

En même temps, les remplaçants par des nouvelles organisations comme les Commissions de Travailleurs dans les entreprises, les Commissions de Locataires dans les quartiers, les Commissions d’Usagers dans les Hôpitaux et aussi, dans les écoles et universités, des Commissions d’Enseignants et d’Étudiants. Dans le sud du pays, occupant et confisquant les grands propriétaires terriens, les ouvriers agricoles ouvraient la route à une véritable réforme agraire.

Ce processus de mobilisation révolutionnaire avait au centre la fin d’une guerre coloniale qui durait depuis quatorze ans et qui avait fait des milliers de morts, d’estropiés et de traumatisés, d’un côté et de l’autre de la barricade.

Ma participation active et directe dans le processus révolutionnaire en cours, m’a permis d’être élu comme député à l’Assemblée Constituante et à faire inscrire dans la Constitution portugaise les principales conquêtes sociales et démocratiques de la révolution d’Avril, entre autres : – le droit à la santé, comme un droit universel et gratuit ; le droit à l’éducation, au logement, à la Sécurité Sociale ; le droit de grève comme un droit inaliénable ; le droit à la libre constitution d’organisations syndicales et de Commissions de Travailleurs ;

Et voilà pourquoi je suis très fier d’être présent ici, remerciant les organisateurs de cette initiative internationale en faveur de la défense de la laïcité, au moment même ou toutes ces conquêtes sont mises en cause par un gouvernement portugais de droite, subordonné à la politique de guerre de l’impérialisme américain et de ses institutions militaires, comme l’OTAN.

Et comme nous tous pouvons constater, par les différentes interventions qui ont déjà eu lieu, venues des différents horizons, nous assistons à une offensive généralisée, utilisant le prétexte des migrations, avec des vraies campagnes xénophobes, visant en réalité démanteler la classe ouvrière en tant que classe organisée.

Mais nous assistons aussi à une résistance généralisée à cette offensive qui se matérialise dans les manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, qui ont amené à la rue des millions de personnes, dans tous les coins du monde et, dans les initiatives internationales comme celle du 5 octobre dernier, à Paris, «pas un centime, pas une arme, pas une vie pour la guerre», qui a rassemblé des délégués de 19 pays, parmi lesquels, une délégation portugaise.

Ç’est cette articulation internationale qu’il faut continuer et poursuivre et d’où, pour cela aussi l’importance de ce meeting.

Pour conclure, j’informe qu’au Portugal la résistance va continuer.

Est en route la préparation d une grève général pour le 11 décembre, convoquée, pour la première fois depuis onze ans, par les deux centrales syndicales, la CGTP et l’UGT, contre la loi de «La contre reforme du travail», qui est un vrai levier pour démanteler les droits du travail des travailleurs portugais, notamment le droit de grève dans sa plénitude.

À bas la xénophobie ! Vive la laïcité !

Vive la classe ouvrière mondiale !

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